Killing Joke "Love like blood" -
https://www.youtube.com/watch?v=TnpwuRlXbhk
Il est huit heures quinze, après un petit déjeuner rapide mais copieux, Carl pose son casque de walkman sur ses oreilles, enfourche son vélo cross et sac à dos sur les épaules fonce vers le lycée. Étrangement, "Love like blood" se fond dans cette douce matinée d'avril. Le chemin arboré du quartier. La force du printemps est déjà entrée en action depuis quelques semaines et le travail de la sève produit bourgeons, tiges, fleurs, offre senteurs, couleurs, fraîcheur. La vitesse renforce un air un peu piquant, mal dissimulé sous les rayons d'un soleil encore trop faible. Le visage de Carl se teinte de vermillon. A chaque coup de pédale, sur ses des roues d'or, il foule un firmament impeccablement bleu, absorbe l'aube, est absorbé par sa not so bad aubade rock. Il plonge avec les instruments et la voix du chanteur. Ses sentiments s'enroulent dans un récalcitrant reste de rêve n'ayant été ni dévoré avec les tartines de confitures, ni décapé par la douche réglementaire. Carl roule heureux. Hier après le lycée, il est resté une petite heure chez Sarah ; leurs cours se terminaient plus tôt. Les parents de Sarah n'étaient pas là. Le moment était idéal. C'était leur première fois. Il en faut bien une. Mais ce qui compte le plus, ce n'est pas l'acte en soi, c'est de pouvoir le faire. C'est un don ... Non tout ça c'est de la connerie ! Ce qui compte c'est cette énergie amoureuse, laquelle, dans le corps d'une jeune personne la propulse dans une autre galaxie. La sensation de puissance, la puissance elle-même vibre en lui, se vêt de tous les attributs d'un bonheur audacieux bien que complètement imprégné des clichés véhiculés par le ciné et la télé. "Soit ! me diriez-vous. Il faut bien que nos émotions et nos sentiments puissent prendre forme et s'exprimer au travers des représentations mentales de leur époque ! " - "Vous avez entièrement raison !" vous répondrais-je. Carl a l'âge d'Alexandre le Grand au moment où il prend la tête de son royaume et part à la conquête de l'Asie. Il découvre ce moment précis de l'existence où rien dans nos croyances ne peut nous arrêter. C'est un écho. A quelle résurgence répond-t-il ? A quel moment délaissé de l'enfance ouvre-t-il la voie, est-il la voix ? Se prendre pour un lion, ou plus plaisant, bâtir et détruire un château de sable ? Carl avance. Chaque note de musique le poursuit dans son transport. Joie éprouvée intense. Soudain, il s'arrête. Il est devant chez elle. Il attend. Une minute passe. Une porte s'ouvre, c'est elle. Sarah aperçoit Carl. Il est posté sur le trottoir de l'autre coté de la rue. Leur regard se rencontrent, magnétiques. Ils se sourient. Sarah traverse ... Et non, elle ne se fait pas shooter par une voiture aveugle ! Et non il ne vivront pas de tragédie ! Pour l'instant, ils continueront leur vie comme la plupart de leurs camarades, sans vrai heurt. Allez, pour la forme ! Johnny, un peu amoureux de Sarah, est sur sa mobylette et sait qu'elle va sortir. Quand il la voit, il accélère et la frôle, l'effraie et suscite de sa part des cris. " Mais il est cinglé ! Faut qu'il se fasse soigner ce mec !" Carl et Sarah se prennent la main et dans un mouvement réciproque se serrent et s'embrassent. "T'inquiète ! J'irai lui parler ; il est pas méchant, juste un peu bête." - "Laisse tomber ! Je ne veux pas d'embrouille avec lui." Carl est encore naïf. Une fois la tension redescendue, nos amoureux marchent jusqu'aux portes du lycée ; un dernier petit baiser rapide et chacun rejoint sa classe. Carl a fait écouter quelques notes de son morceau préféré à Sarah, qui adore .... Musique en tête, les cours peuvent commencer.
06/03/2018
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