lundi 27 décembre 2021

Steppe on the line

Steppe on the line.
 
Je n' ai jamais été un bon cheval, pour le trait on me dit de caractère, la charrue c'est pour les bœufs. C'est mon destin d' équin altier, suis pas mesquin, l'allure prime.
Certains cherchent l' amour sous mon sabot, mais je me montre de fer, sans coup férir. Pour rire, il faut plutôt boire des coups à l'amour , au bel amour, niché dans la lie puis dans le lit.
Un galopin au trot, un de trop au galop, le jouisseur cravache, bombe sur la tête, tombe sous la bête.
Qu'avale-t'il tant qu'il s'arrache en fête, met le bout dans le train, fait la nique à l' étalon qui dort dollar en poche, n'étant plus d'airain, ayant préféré la robe dorée servie en demi plutôt qu' en écurie.
De tout ce foin pas grand chose à tirer, l'herbe fraîche me fait plus rêver.
Je claque l' humus, la verte prairie est mon écrin.
 
Le 25/12/20021

lundi 13 décembre 2021

Excitement

 


Quand elle et moi ça ne va pas
On finit toujours par s'en mordre les doigts
Je lui décoche quelques mots gras
Et elle m'allonge son point de droit
 
Entre elle est moi, on ne jette pas l’éponge
C'est pas la vie comme dans un songe
On a plutôt des humeurs qui nous rongent
Jusqu'à l'explosion finale du droit qui s'allonge.
 
Quand elle et moi on a trop d'émotions
On devient des vraies bêtes à passion
Mais bien trop cons pour tirer des leçons
On ne se souvient jamais de nos frictions.
 
Quand elle et moi ça ne va pas
On crois dur comme fer qu'il n'y a plus que ça
Que tout le reste c'était juste de l'apparat
Que c'est la fin. Casse-toi, quel bon débarras !
 
Quand elle et moi ça devient la folie
On se diligente nos mélancolies
Bien timbrées avec accusation
De la douloureuse signature à la réception.
 
Quand pour toi, ou toi, ou toi, ça ne va pas
Comme nous, mise plutôt sur un bon matelas
Où en l'état on se débat sans dégât
Où on s'abat en ébats et pas en débats.
 
Car elle et moi, tu vois, on est comme ça.
On n'y peut rien, on est pris et épris, c'est ça le prix.
Voilà.

samedi 27 novembre 2021

Boule de papier - 27-11-2021

Dans la platitude de mon existence s'écrivait ma vie, quand soudain surgirent pliures, déformations, recroquevillements... La main d'une obscure créature me fit passer de deux à trois dimensions ; l'espace en plus, la simplicité en moins, dorénavant, je contemple le bitume dans sa richesse et sa complexité. Puis je roule au gré du vent. De temps en temps un coup de pied m'envoie valdinguer au loin. Autre drôle de manière de voir du pays ! Quand je me sens vraiment trop chiffonné, je me dis que ce pourrait être pire, que trop à plat, je pourrais redevenir aplati. Faut pas que ça me piétine ! J'en croise des comme moi, des engeances de toutes nations, sans dessein, comme arrachées à leur cahier. Aucune n'a d'explication à l'explication. On se dit que c'est comme ça, que de c'est déjà plié, en quatre, on s'échine pour en rire. Parfois, j'essaie de suivre le fil de cette histoire mal abrégée. Délaissée, oubliée, elle aurait pu finir au poil si la flamme y avait été, mais l'e dans l'a l'a emporté. Restent ces quelques phrases sur ma peau fripée. Me sont-elles vraiment destinées ? Certaines semblent dire quelque chose, d'autres se faire écho, mais de quoi ? De ces bribes, je retisse des bouts de fil que j'abandonne. Heureusement, il y a le réel et son boniment. C'est ça qui compte ; ça nous divertit et ça fait vibrer la fibre qui nous compose bonne pâte. Avec ou sans chute, à chacun son choix.

dimanche 14 novembre 2021

Le dimanche, c'est ravioli - 14 11 2021

 


Je me contre-balance de la réalité. Quand elle ne me plaît pas, je la chiffonne et puis j'en griffonne une autre. Pas forcément mieux, mais différente. C'est comme ça que je me suis retrouvé dans celle là. Bon faut dire que j'avais fini par cramer la ramette à force de m'amuser à jeter des boules de papier. Et là c'est la dernière feuille ... Ma dernière feuille ? Ben non … On est dans une société de consommation où il n'y a pas de fin. A la place on a des super-marchés et des ordinateurs. Ouf, sauvé ! C'est beau la vie ! Moderne et vivifiante comme une bouffée de gazole mal catalysé. Un trop plein de je ne sais quoi, je plie la feuille en huit, en fait un chapeau, monte sur la table et entame un kazatchok en pyjama et endiablé. La raffut fait hurler les voisins, le chien et surtout ma femme encore très embrumée car tout juste rentrée d'une nuit chez son amant. Mais, comme moi, elle a l'esprit fantaisiste. Elle fait fi de sa fatigue et d'un bon me rejoint pour, comme moi, se lancer dans la branle, genoux pliés. Ainsi tout deux sur cette planche, complices éclairés par la lune, nous piétinons le cours de nos vies, bras croisés, yeux dans les yeux, chien content et voisins aboyant. Et si l'amour, c'était aimer ?

Concentration - 7 novembre, 14:46

 

Concentration.
J'ai attrapé cet instant
Cet instant magique
Et d'un souffle, un élan
Poing fermé, mis fin au tragique.
 
Voilà reprends, reprends toi !
Quand tu te dis c'est pas possible,
Voilà voilà, reprends toi !
C'est là que tout redevient possible.
 
Ce joli moment unique
Je le tiens dans ma main.
Il m'amuse, il s'agite
Entre ligne de vie et destin
Voilà, reprends, reprends toi !
Quand tu te dis que c'est pas possible
 
Voilà reprends, reprends toi !
C'est là que tout redevient possible
Petite luciole sympathique
Tu me rappelles ce que je sais déjà
Que vivre est magnifique
 
Même quand toi tu n'es pas là
Voilà, surtout, ne crois, ne crois pas !
Quand tu te dis que c'est pas possible
Voilà, surtout, ne crois ne crois pas !
Qu'au fond rien n'est impossible
 
Encore un peu de ton mantra,
Je reverrai demain grâce à toi
Dans l'écho d'un passé fini,
L'onde d'une joie infinie
 
J'ai attrapé cet instant
Qui te dit que tout ça, c'est pas possible
Qui te dit voilà reprends toi
Et tout redevient possible.

mardi 9 mars 2021

Un bolduc sinon rien

 

Un bolduc sinon rien.
A chaque fois que je croise quelqu'un, il se sent obligé de me cracher à la face mes pensées les plus intimes et même celles dont j'ignore tout. OK, j'ai pas de secret. Tout le monde devine ce que je pense ou ressens ; c'est la règle. Enfin tous … Sauf moi ! La soluce de contournement : je m'en cogne. Aïe ! Je renonce à moi-même : fini la décision égocentrée, fini le désir perso. Comme un glaçon en plein réchauffement climatique, mais sans polaire, je me fonds dans l'idée qu'on a de moi. J'hiberne de force dans le cerveau des autres. C'est une caverne prison ; c'est ma prison. Sauf que. Sauf que cet engrillagement finit par les obséder ... les autres. Ils ont beau décider ou désirer pour moi, mais moi je ne décide ni ne désire rien ; c'est dans le contrat. De plus en plus nombreux, ils vont même jusqu’à se battre, au passage se disant soit disant inquiets pour moi. Mais je ne dis rien car je ne sais rien, et surtout pas comment les arrêter. Un jour, j'ai croisé quelqu'un comme moi ; enfin dans la limite de ce que je crois. Ses paroles sibyllines m'attirèrent : ni conseil, ni avis, rien sur ce que je dois dire, être ou faire. Inquiétante étrangeté ; ça n'avait pas de sens. C'était réciproque. A l'évidence, l’abscons, pige pas. Un ciment de vide infrangible nous a joints. Désormais ceux qui nous croisent ne savent plus auquel des deux s'adresser en premier ; ça les fuliginisent, ça les paralyse. Pris de panique les plus chanceux arrivent à fuir avant de sombrer. Insouciants, nous trouvons ça très drôle et avons décidé, sans trop savoir pourquoi, de rester pour toujours, unis. Ainsi, le cœur léger, nous nous plaisons à déambuler au milieu d'une foule tourmentées par des visions terribles, asphyxiée par un savoir devenu inutile, étranglée par l'hésitation, étouffée par l'angoisse … C'est peut-être ça le bonheur : l'aube d'un devenir, d'une découverte. Un jour l'un de nous deux disparaîtra laissant l'autre seul et tout recommencera.
 
Vingt sept février deux mille vingt et un - Zéro heure quatre.