Je cherche un crayon mais toutes les mines sont cassées. “Des mots
enlevés s'élèvent devant l'envolée volée au poète” Tire pas la tronche !
ça va bien se passer ! Je résiste. La vie n’est pas un pet
d’aristocrate mais un pet d’aristocrate, c'est la vie ! enfin si on peut
dire ... Cette tiédeur, c’est notre cuisson à feu lent ; regarde, lui
aussi s’ébroue avec nous dans le fameux bouillon d’éléments de langage.
Touffeur et remugles. et oui, ça pue ! Pas de wind of change dit l’âne,
ah non ça c’est scorpion, mais faut savoir faire des blagues (bien)
pourries pour être dans le mood. Suis up to date dans ma caboche. Et
c’te tempête ! Un pur carnaval de chiffres ; ici, qui sera le plus
sonore, là, qui aura l’organe le plus élastique ; prostate, verge,
clitoris, vulve. Une petite opération des calculs disrupto-inclusifs ?
Vestiges l’un de l’autre, de l’un et dans l’autre. Au fond, on ne désire
que s’assembler. Se quitter ? mais pourquoi ? Déjà, on ne voit rien
venir puisque tout se passe dans notre dos. Alors sniff quoi !
! A côté de la porte, cloué au mur, un troisième œil ensanglanté
agonise constellé de fléchettes. Tu l’as eu dans le mille, mais c’était
pas vraiment ça le game. Il reste toujours la petite lucarne et le
joueur de foot sur ta console. ça cache ta tristesse. Un masque sur une
jambe de bois, dirait-on cyniquement en mode "twenty-twenty". Pas très
love me tender la chienne d'époque. Le cynisme a bonne presse. Pis-aller
sans espoir, pourtant tout passe avec l’espoir. Le souvenir d’avoir été
sage.
samedi 24 octobre 2020
Asperge mais pas trop.
samedi 27 juin 2020
Garbine
Garbine.
J’étais un caillou sur ton chemin, un de ceux sur lequel le regard bute.
Tu t’es penchée vers moi, mue par cette intime joie d’avoir trouvé une pépite.
Ramassé, dans le creux de ta main, un morceau d’enfance.
Parfois ton regard s’arrête sur un caillou ;
Quoi de plus anodin qu’un petit caillou ?
Surtout si celui-ci vient te chanter l’histoire d’un trésor caché quelque part entre quotidiens préoccupés et agitations à fleur d’inconscience.
Dans mes ricochets, tu te projettes, mais je disparais au centre de l’onde irrégulière. Embosse et Encreux se rapprochent, fusionnent. Homme, Femme. Extinction.
Tu ouvres ta main et je refais surface. Ma magie fonctionne encore ...
J’aurais pu être une petite enclave dans un mur ou mieux respirer dans la roche !
Appartenir à une race très ancienne, celle d’avant la préhistoire. Avoir été foulé par des créatures inconnues, inimaginables sans y passer plusieurs éternités.
Avoir roulé dans les torrents, tonné au cœur des montagnes ou nourri les plaines ...
Personne ne connaît ma véritable histoire, elle ne l’a jamais été et ne le sera jamais, même dans l’oubli.
Un autre alphabet du ciel et de la terre.
Tu me penses bloc de matière, je te pense bloc de temps. Tous deux vivants à l’intérieur de l’extérieur de l’autre et inertes à l’extérieur de l’intérieur. Mais parfois une vibration ! Alors on se jette mutuellement ; c’est notre jeu.
Je nais de l’effritement de tes pensées, les mots-lave de nos bouches-volcans fusionnent, coagulent.
Il est évident qu’une femme habite au centre du soleil.
Vingt Sept juin deux mille vingt - Vingt deux heures vingt deux.
dimanche 26 avril 2020
Orientale
Voilà ce que c'est que d'écouter un peu de musique:
Vingt six avril, deux heures six.
L'esprit léger, je m'évapore dans ton souffle
Moi qui me croyais le cœur dur comme la glace
Sur tes iris sombres mille feux de soleil dansent,
Brûlent mon sommeil et rudoient follement mes sens.
Brûlent mon sommeil et rudoient follement mes sens.
J'étais si bien, au calme dans mon cocon frais
Mais ta voix sucrée est venue tout déchirer,
Bousculer et renverser mes sombres pensées.
Je ne désire plus que te voir chanter et danser.
Aux inflexions de ta voix, suivent celles de mon corps
Fleurissent violons, sagatts, riqs et zurnas.
Ivre de mélodie, dans un ultime effort
Je me livre à toi et respire une dernière fois.
Fuyant ce cycle infernal, bougre ensorcelé,
J'avais fait un pacte avec la nuit étoilée.
Je n'arrive plus à croire que tu n'es qu'un rêve
Une bifurcation sauvage, un élan de sève.
Vingt six avril, deux heures six.
lundi 20 avril 2020
Dharma et Kha momie.
Dharma et Kha momie.
La peau roussie par le soleil et la sangria, je m'affale dans un transat. Une taffe ; l'inspiration sans respiration. Le temps revient vers moi, mais je l'esquive. Tous les êtres me fatiguent. L'autre n'y échappe pas. Il n'a pas le choix. On m'apporte un bidon dans lequel je souffle, mais je ne vois rien apparaître alors je me dis qu'avoir raté le début, c'est avoir déjà fini. De tout cela je ne retiens rien si ce n'est la beauté d'une journée pour laquelle je n'avais pas envisagé l'étrange. Je me décalque et de moi, une copie carbonisée se détache. Rissolent les lambeaux d'une vie à laquelle j'avais cru pouvoir coller jusqu'à la fin ! Je suis, oui, je suis, on ne peut plus d'équerre. Et ! Et j'observe, oblique, la desquamation d'une époque, tout en maugréant sur cette piquette qu'on m'a, jusque là, servie. Il n'y aura pas d'automne pour les feuilles. A la brisure des nervures, j'extrais des limbes la sève jusqu'à la lie. Enfant, je me réjouissais du secret sucré des primevères cueillies sur le bord des chemins donnant tout son goût au printemps encore frais et humide. Le tumulte revient, une main me saisit et me traîne jusqu'au seuil du présent. De mon poing levé le sable s'écoule et retrouve la plage.
Lundi vingt avril deux mille vingt - vint trois heures trente neuf
La peau roussie par le soleil et la sangria, je m'affale dans un transat. Une taffe ; l'inspiration sans respiration. Le temps revient vers moi, mais je l'esquive. Tous les êtres me fatiguent. L'autre n'y échappe pas. Il n'a pas le choix. On m'apporte un bidon dans lequel je souffle, mais je ne vois rien apparaître alors je me dis qu'avoir raté le début, c'est avoir déjà fini. De tout cela je ne retiens rien si ce n'est la beauté d'une journée pour laquelle je n'avais pas envisagé l'étrange. Je me décalque et de moi, une copie carbonisée se détache. Rissolent les lambeaux d'une vie à laquelle j'avais cru pouvoir coller jusqu'à la fin ! Je suis, oui, je suis, on ne peut plus d'équerre. Et ! Et j'observe, oblique, la desquamation d'une époque, tout en maugréant sur cette piquette qu'on m'a, jusque là, servie. Il n'y aura pas d'automne pour les feuilles. A la brisure des nervures, j'extrais des limbes la sève jusqu'à la lie. Enfant, je me réjouissais du secret sucré des primevères cueillies sur le bord des chemins donnant tout son goût au printemps encore frais et humide. Le tumulte revient, une main me saisit et me traîne jusqu'au seuil du présent. De mon poing levé le sable s'écoule et retrouve la plage.
Lundi vingt avril deux mille vingt - vint trois heures trente neuf
dimanche 12 avril 2020
Art thérapie
Art thérapie
Il paraît que les machines vont remplacer les humains. P'tet que c'est vrai, ou pas … Moi j'm'en fous, j'bouffe déjà du foin. Je gueule devant la télé et sur ma femme. Pourtant elle est gentille ma femme ; e'm fait à bouffer et c'est pas du foin. P'tet' qu'elle croit qu'ça m'fera arrêter d'en bouffer, du foin. Mais es'trompe. C'est un métier vous savez ! Et c'est pas donné à tout l'monde de pouvoir y réussir. Un esprit simple dans un corps simple comme on dit chez les gens qu'ont d' l'éducation. Moi quand que'qu'chose me fait de la contrariété, j'fais comme les artisses : j'esthétise ! Ça fait des nuances dans le violent ; orchidée, fuschia, glycine, lila . Leur donne de l'éden dans des coups aux p'tits cons. J'en connais qui sont jaloux ; ceux-là I' font qu'dans le fruité : cerise, prune, raisin. Chacun sa manière, comme je leur dis. Et croyez pas qu'c'est facile ! Mais c'est comm'ça. I' paraît qu'c'est le seul moyen de sauver not'société. Mais, moi j'y comprends rien à leur tambouille de mots. Plus I' se gargarisent, plus ça m'coupe le sifflet. Plus ça donne des gaz à ma femme. Hier, on m'a dit de rester chez moi, rapport que j'étais trop artisse. J'leur ai dit "Z'avez qu'à mettre une machine à ma place !". Depuis ma femme m'a quitté pour un barman indien, à cause du foin que je faisais, et moi j' m'aère à la campagne en sifflant du rouge avec Marguerite.
Dimanche quatorze avril - Vingt deux heures à peu près.
vendredi 3 avril 2020
Tourbillon - quatre avril deux mille vingt
Tourbillon
Comme j'apprécie le bruit des grosses gouttes s'écrasant sur le
carreau oblique de mon velux, à chaque fois qu'une ondée se produit
je prolonge ma station allongée, tirant un peu plus les draps au
dessus de ma tête que j'enfouis le plus profondément possible dans
un oreiller redevenu subitement moelleux et pendant que mon corps se
détend dans un craquement léger, presque ligneux, je m'imagine
quelque part dans une forêt tropicale sous une cahute accompagnant
passivement un déluge. Nul ne sait si je l'espère éphémère.
Allez ! Il ne durera ni quarante jours, ni quarante nuits. Hors du
lit, la vie ! Enfin croit-on ! Depuis qu'on est né, on s'est bien
occupé de nous, on nous a donné des choses à faire, on nous a
aussi raconté beaucoup de choses et puis on a eu envie de ces mêmes
choses et même des choses qui n'existaient pas. On peut tout
imaginer. Ne peut-on ni tout dire ni tout faire ? Surtout non ! On
dit qu'on est utopiste. On peut pas penser à tout. Pire, on prend
des risques à imaginer, et encore plus si on dit et on fait tout. On
doit faire attention, on ne sait jamais ; c'est vrai comme on
dit, on ne sait rien, on doit tout apprendre. On n'a pas besoin
d'imaginer, on doit faire ce qu'on dit, on se sait jamais, ah bon
sang, on l'a déjà dit ! On finit par se mélanger ; on est
confus.e. Mais on se reprend, on ne va pas se laisser abattre ! On
prend l'apéro avec toutes ces choses qu'on prépare, qu'on grignote
un verre à la main qu'on vide régulièrement après qu'on l'a
re-rempli. On se congratule, on rit, on reboit, on re-grignotte, on
se re-congratule. On se déride, on s'enfonce dans la dérision. Puis
on se dit au-revoir sur le perron, on rentre, on est fatigué ;
on est content, on reviendra. On se couche, on dort mal, on a du mal
à se réveiller, on se complet dans le confinement sous une couette,
épaisse comme une croûte entre son imagination et on ne sait quoi
de pénible à affronter. On manque de courage. On se rendort le
regard rongé par un songe, puis on se dit qu'on a trop traîné à
rêvasser. On doit bien commencer la journée, la faire tourner,
pousser les minutes et les secondes, jusqu'à ce qu'on soit entraîné,
ensemble, dans ce même mouvement qu'on croit perpétuel et même
éternel, comme quand on est heureux ou amoureux, mais qu'on finit
par honnir quand on rencontre la déception, mais qu'on finit aussi
par ranger, quelque part, dans on ne sait quel partie du cœur vouée
à la quarantaine. Et puis on se retrouve, on est ami, amant, on s'en
fout, on continue de vivre, de travailler, de manger, de sortir, tiré
par les minutes, les secondes. On ne va pas s'arrêter là tout de
même, on a le droit à plus, on a pas envie de laisser tomber ! Non
! On gonfle les muscles, on bombe le torse, on gorge d'oxygène le
sang, on prend l'air, on reprend le rythme, on utilise de nouveau des
objets : on tourne des volants, on appuie sur des boutons, on
commande, on active, on s'active, on agite, on s'agite, on oublie, on
s'oublie. On sacrifie aux dieux oubliés, ceux d'avant, quand on
était soumis, quand on pouvait faire des vraies choses, quand on
avait l'autorisation. On veut être libre, mais quand on est libre,
on n'a plus l'autorisation, on croit qu'on ne peut plus rien faire.
On veut pouvoir choisir, on doit pouvoir choisir, on se soumet au
choix du choix. Sinon à quoi bon ! On s'illusionne sur le sens de la
vie, celui qui dit que la vie a un sens, mais on ne sait pas lequel.
On badine parce qu'on a badé à l'unisson : union sans arme,
larmes sans oignon. On patine dans le bad et on se soumet. On n'aime
pas avoir peur, la peur, c'est le dark ; il n'y a rien de pire ni de
plus vrai. On attend.,, Parfois on lutte mais on se tait; on préfère
rester discret. Dans le giron du Léviathan, pas de ronde. On
aimerait lui faire un croche-pied, mais on les lui lèche. On n'est
pas vraiment fier parce qu'on se sent tout petit. Microscopique.
D'ailleurs on le rappelle souvent : on est de la vermine dont on doit
se débarrasser. Alors on achète des armes et on se tue. D'ailleurs,
on se demande comment il se fait qu'on doive encore chasser la
vermine car bien qu'on ait exterminé toute la vermine on continue de
dire qu'il faut continuer de chasser la vermine. On a passé la cap
d'épouser la Confusion ! On perd la raison et on perd la maison dans
laquelle on ne retrouve plus rien, parce qu'on y habite plus, enfin
si, on y habite, mais on ne reconnaît pas ses occupants. On dit
qu'on a perdu son identité. On s'abreuve avec la Confusion. On sait
qu'on se connaît, on sait qui on est, on ne veut plus entendre
toutes ces foutaises. On en a marre, on est (presque) au bout, mais à
bout , on se révolte (enfin), on se fait enfermer, on est en
isolation. On disparaît.
dimanche 22 mars 2020
Chamane zone - 21 /03 /2020
Chamane zone
La tête un peu inclinée, j'introduis l'extrémité d'un stylo dont la mine
a été rétractée dans l'entrée de mon oreille et effectue un mouvement
lent, tout conservant une certaine pression, sur les rebords du conduit.
Reflex de survie. La jouissance qui s'empare de moi transforme en écho
lointain ce que vient de m'annoncer mon mari. Il me quitte pour aller au
Brésil avec une danseuse du Macumba Club Palace Studio dont il ravale
la façade depuis au moins six mois. Il est vrai que
je commence à trouver son chantier un peu long, d'autant plus qu'à
chaque fois que je vais le chercher vers vingt trois heures, il n'y a
jamais d'installation devant la façade. Perspicace ? Non ! Je n'ai pas
très bien compris pourquoi mais il m'explique qu'il doit la démonter et
la mettre à l'intérieur tous les soirs… d'où cet horaire tardif. Lui et
moi partageons notre unique véhicule ; grand cœur, il me l'a laissé.
Parfois il invite une collègue à la maison ; une Yupik du Yukon. C'est
rare dans le bâtiment. Enfin je crois. Elle nous amuse avec ses chants
et ses danses. Je me souviens avoir beaucoup ri. Ensuite il la ramène
chez elle. "Mais pourquoi le Brésil, lui demandé-je, c'est pas le bon
hémisphère !". "J'sais pas Copacabana, ça sonne mieux que Canada" me
répond-il. Je tente de l'en dissuader : j'invoque le poumon de la terre
de feu, la mafia du soja, les hordes moustiques porteurs de palu,
zika et autres fièvres bolso-aryiennes. Mais rien n'y fait. D'ailleurs,
m'arrête-t'il, "nos billets sont pris et prêts et nous partons demain."
Au passage, je devrais quitter notre appartement qu'il a vendu pour
avoir un peu d'argent d'avance. En pliant soigneusement ses chemises
dans sa valise, je me dis : "Quand même il abuse, il ne me laisse à
peine le temps de lui faire une lessive. Je ne suis pas féministe mais
là il y a des limites."
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