samedi 27 juin 2020

Garbine

Garbine.

J’étais un caillou sur ton chemin, un de ceux sur lequel le regard bute.
Tu t’es penchée vers moi, mue par cette intime joie d’avoir trouvé une pépite.
Ramassé, dans le creux de ta main, un morceau d’enfance.

Parfois ton regard s’arrête sur un caillou ;
Quoi  de plus anodin qu’un petit caillou ?
Surtout si celui-ci vient te chanter l’histoire d’un trésor caché quelque part entre quotidiens préoccupés et agitations à fleur d’inconscience.
Dans mes ricochets, tu te projettes, mais je disparais au centre de l’onde irrégulière. Embosse et Encreux se rapprochent, fusionnent. Homme, Femme. Extinction.
Tu ouvres ta main et je refais surface. Ma magie fonctionne encore ...
J’aurais pu être une petite enclave dans un mur ou mieux respirer dans la roche !
Appartenir à une race très ancienne, celle d’avant la préhistoire. Avoir été foulé par des créatures inconnues, inimaginables sans y passer plusieurs éternités.
Avoir roulé dans les torrents, tonné au cœur des montagnes ou nourri les plaines ...
Personne ne connaît ma véritable histoire, elle ne l’a jamais été et ne le sera jamais, même dans l’oubli.

Un autre alphabet du ciel et de la terre.

Tu me penses bloc de matière, je te pense bloc de temps. Tous deux vivants à l’intérieur de l’extérieur de l’autre et inertes à l’extérieur de l’intérieur. Mais parfois une vibration ! Alors on se jette mutuellement ; c’est notre jeu.
Je nais de l’effritement de tes pensées, les mots-lave de nos bouches-volcans fusionnent, coagulent.
Il est évident qu’une femme habite au centre du soleil.


Vingt Sept juin deux mille vingt - Vingt deux heures vingt deux.

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