Dharma et Kha momie.
La peau roussie par le soleil et la sangria, je
m'affale dans un transat. Une taffe ; l'inspiration sans respiration.
Le temps revient vers moi, mais je l'esquive. Tous les êtres me fatiguent.
L'autre n'y échappe pas. Il n'a pas le choix. On m'apporte un bidon dans
lequel je souffle, mais je ne vois rien apparaître alors je me dis
qu'avoir raté le début, c'est avoir déjà fini. De tout cela je ne
retiens rien si ce n'est la beauté d'une journée pour laquelle je
n'avais pas envisagé l'étrange. Je me décalque et de moi, une copie
carbonisée se détache. Rissolent les lambeaux d'une vie à laquelle
j'avais cru pouvoir coller jusqu'à la fin ! Je suis, oui, je suis, on ne
peut plus d'équerre. Et ! Et j'observe, oblique, la desquamation d'une
époque, tout en maugréant sur cette piquette qu'on m'a, jusque là,
servie. Il n'y aura pas d'automne pour les feuilles. A la brisure des
nervures, j'extrais des limbes la sève jusqu'à la lie. Enfant, je me
réjouissais du secret sucré des primevères cueillies sur le bord des
chemins donnant tout son goût au printemps encore frais et humide. Le
tumulte revient, une main me saisit et me traîne jusqu'au seuil du
présent. De mon poing levé le sable s'écoule et retrouve la plage.
Lundi vingt avril deux mille vingt - vint trois heures trente neuf
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