lundi 20 avril 2020

Dharma et Kha momie.

Dharma et Kha momie.
La peau roussie par le soleil et la sangria, je m'affale dans un transat. Une taffe ; l'inspiration sans respiration. Le temps revient vers moi, mais je l'esquive. Tous les êtres me fatiguent. L'autre n'y échappe pas. Il n'a pas le choix. On m'apporte un bidon dans lequel je souffle, mais je ne vois rien apparaître alors je me dis qu'avoir raté le début, c'est avoir déjà fini. De tout cela je ne retiens rien si ce n'est la beauté d'une journée pour laquelle je n'avais pas envisagé l'étrange. Je me décalque et de moi, une copie carbonisée se détache. Rissolent les lambeaux d'une vie à laquelle j'avais cru pouvoir coller jusqu'à la fin ! Je suis, oui, je suis, on ne peut plus d'équerre. Et ! Et j'observe, oblique, la desquamation d'une époque, tout en maugréant sur cette piquette qu'on m'a, jusque là, servie. Il n'y aura pas d'automne pour les feuilles. A la brisure des nervures, j'extrais des limbes la sève jusqu'à la lie. Enfant, je me réjouissais du secret sucré des primevères cueillies sur le bord des chemins donnant tout son goût au printemps encore frais et humide. Le tumulte revient, une main me saisit et me traîne jusqu'au seuil du présent. De mon poing levé le sable s'écoule et retrouve la plage.


Lundi vingt avril deux mille vingt - vint trois heures trente neuf

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