Ce petit bonhomme oui, que je connais très bien, souvent dès le matin, m'arrête à son niveau. Le plus discrètement sans honte je profite qu'il ne regarde pas dans ma direction. Ainsi je l'étudie sans lui faire un seul signe. La signalisation c'est sa spécialité C'est donc pour cela que je ne lui en fais pas."Marcher sur ses plates bandes n'a pas de sens !". C'est ce que je me dis. Quelle impure conviction ! Un job à part entière ne s'improvise pas.
Ah, je vois son regard qui se tourne vers moi. Même s'il m'a bien vu, il reste planté là, immobile, presque impavide, c'est sa croix. Je l'applaudis très haut pour son parterre à fleurs et tous ces arbrisseaux qui l'entourent joliment. C'est entre lui et moi, c'est de l'intimité. Je ne sais pas vraiment s'il a ce sentiment. Il n'a jamais évoqué ce sujet brûlant, et moi trop timide, je n'ose rien lui dire. Après tout cantonné toute la journée là, je m'en voudrais beaucoup de changer la vision que depuis des années il porte à cet endroit. Imaginez le seul sur sa jolie pastille, associant myosotis, campanules en massif à ma morne face ; fétuques bleues, lilas roses, orangers arbustes à mon misérable buste. Non ! Notre seul sujet est minéralogique. Il se base sur l'art de déchiffrer les plaques pour provoquer en soi l'écho d'un sens caché. C'est donc à l'infini que des chiffres et lettres s'associent et défient le langage commun :
Six, quatre, cinq, T, K, encore une journée qui va bien s'annoncer ; zéro, sept, sept, C, C, plaisirs insoupçonnés ; ou trois, neuf, six, B, A, qui pour dire montagne ?
Enfin notre échange va sur sa courte fin, il doit céder l'endroit, son collègue fait face. Le rouge est très clair, il faut redémarrer ...

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