jeudi 13 avril 2023

Sauvés des eaux - 2023-04-13

Le chant des sirènes retentit dans nos cœurs et bientôt sur le littoral littéralement envahi par la mer, réchauffée et échauffée à la combustion de nos activités,  quête d'abondance infinie nourrie par notre peur de manquer et notre obsession de nous protéger de l'inévitable. 


Mais l’inévitable se transforme ; nous le façonnons. Ressenti comme individuel, il nous pousse à retrouver la dimension collective qu'il a toujours au fond eue. Cette nouvelle saison d'une humanité encore trop anthropocentrée nous invite à rejoindre un universel plus empreint de diversité : claquemurés dans notre réchauffement, l'art en est la voie.


L’océan n’est pas qu’une soupe primitive. Certes, il nous rappelle continuellement d'où nous venons, d’où vient la vie … Après tout, nous n’en sommes qu’un extrait, une petite outre d’eau salée légèrement illuminée qui s’est échappée de ses profondeurs qui croit, ferme sur sa terre, s’en émanciper en usant du feu et en adorant le soleil. Mais l’océan est aussi un gigantesque miroir avec son revers. Quand ses reflets liquides frappent notre regard, nous aiguisons des lames d’ignorance et transperçons sa surface pensant pénétrer l’impénétrable. 


Alors il s'élève, il étend sa main écumeuse sur le rivage et  tonnerre d’embruns se rappelle à nous ! Ainsi, pourrait-t-on imaginer qu’il nous éduque pour éviter que notre insatiable et illusoire soif de dominer la nature ne soit définitivement la soif tout court, faute de rivières chantantes, de neiges fondantes, de cristaux de glace et leur fractalité magique , d’hivers rigoureux et de glaciers craquants sous le pas ; ainsi risque-t-on de mourir, sans nappes, frénétiques.

L'art est la voie. il nous chavire, nous plonge dans le réel et nous fait boire la tasse afin que nous constations que la tiédeur de l’eau est celle de nos décisions et que dans la masse de l’océan, se produit quelque chose d'invisible.


Qu’en dit le canal des sciences ?  Mesures criantes contre mesures insuffisantes ; montée des eaux contre politiques pas à niveau ! Pour nous sauver de la noyade, l’art doit  inonder la Cité et en imprégner chaque mur, chaque parcelle afin d’en transformer l’âme et ne plus nous laisser flotter au-dessus du déni. Car la vague qui arrive ne laissera pas la place à l’ignorance ; elle est celle d'une réalité que nous ne pourrons éluder. 


Ainsi entre huiles et mer d'huile, un champ de méditations s'ouvre à nous afin que nous nous  préparions aux tempêtes qui arrivent ; réalisions “qu'on sait déjà” et “qu'on ne fait pas  assez”. Tourner autour du pot ne fera qu’accentuer le mouvement du tourbillon qui risque de nous emporter. Il faut donc nous retrousser les manches et œuvrer à la préservation d'un tout plutôt qu'à la protection de quelques-uns. 

Veillant sur nos périls, vogue l'art sur la mer excitée par nos velléités de puissance, gonflant sa houle comme on gonfle ses muscles, à l'attaque d’emblématiques falaises, digues, plages et promenades … 


Le temps de l'apaisement continue de s'éloigner ; pour le retrouver nous devrons naviguer dans nos cœurs vers l'essentiel. Sans boussole, pas de cap, sans art pas de conscience.


Philippe Pimor

mercredi 1 février 2023

 

Autour du zinc n°1 : Miaou (le 01/02/2023)


Miaou !
Aujourd'hui je me suis coupé les ongles. Je ne fais pas ça tous les jours mais il y a un moment où ça devient critique. Grande surprise pour mon chat ! Il ne m'a jamais vu détériorer moi-même mon propre corps car cela lui est réservé. Pourtant je prends toujours bien soin de lui cacher ce soin pour éviter la petite musique de la folle jalousie féline. Hier j'ai rencontré quelqu'un. C'était à la foire au livre du bled. Ici on aime bien montrer qu'on a des livres et qu'on en achète. C'est très pratique d'autant plus que personne ne vient vérifier ce qu'on en fait. Certains en font des avions en papier, d'autres se torchent avec. Par contre n'allez jamais leur poser des questions sur ce qu'ils ont lu, vous vous prendriez un bottin dans la gueule. Après avoir fait le tour des auteurs, nous avons gravi mes escaliers. Nous avons fait l'amour, je lui ai planté mes doigts entre ses omoplates, elle a eu mal, elle a crié, m'a giflé. Fin de l'histoire. Je n'ai même pas eu le temps de m'excuser ! Elle s'est rhabillée sur-le-champ et est partie en courant. Mon chat a de la chance : pas besoin pour lui de faire une beauté à ses doigts pour le coït et le post coït ; chez ces animaux les histoires ne vont jamais au-delà. Quand on est bestial, le reste ne compte pas. Nous, humains, sommes trop compliqués. Cela rend mon chat perplexe. Il ne me comprend pas, il n'a pas l'habitude. Je sens qu'il est stressé. J'ai beau lui expliquer nos principes mais il n'adhère pas. Une fois de plus je passe pour un débile. Le peuple des chats est intransigeant sur ce point : les humains sont des êtres inférieurs qu'ils ont domestiqués il y a quelques millions d'années ; ce sont même eux qui nous ont appris à marcher et parler. Que dire de plus ? C'est dire, tout est dit. Parfois mon chat m'étonne. Parfois souvent. Devant tant d'intelligence, je me suis arrêté au bout du troisième doigt. Je n'aime pas contredire mon chat.

lundi 27 décembre 2021

Steppe on the line

Steppe on the line.
 
Je n' ai jamais été un bon cheval, pour le trait on me dit de caractère, la charrue c'est pour les bœufs. C'est mon destin d' équin altier, suis pas mesquin, l'allure prime.
Certains cherchent l' amour sous mon sabot, mais je me montre de fer, sans coup férir. Pour rire, il faut plutôt boire des coups à l'amour , au bel amour, niché dans la lie puis dans le lit.
Un galopin au trot, un de trop au galop, le jouisseur cravache, bombe sur la tête, tombe sous la bête.
Qu'avale-t'il tant qu'il s'arrache en fête, met le bout dans le train, fait la nique à l' étalon qui dort dollar en poche, n'étant plus d'airain, ayant préféré la robe dorée servie en demi plutôt qu' en écurie.
De tout ce foin pas grand chose à tirer, l'herbe fraîche me fait plus rêver.
Je claque l' humus, la verte prairie est mon écrin.
 
Le 25/12/20021

lundi 13 décembre 2021

Excitement

 


Quand elle et moi ça ne va pas
On finit toujours par s'en mordre les doigts
Je lui décoche quelques mots gras
Et elle m'allonge son point de droit
 
Entre elle est moi, on ne jette pas l’éponge
C'est pas la vie comme dans un songe
On a plutôt des humeurs qui nous rongent
Jusqu'à l'explosion finale du droit qui s'allonge.
 
Quand elle et moi on a trop d'émotions
On devient des vraies bêtes à passion
Mais bien trop cons pour tirer des leçons
On ne se souvient jamais de nos frictions.
 
Quand elle et moi ça ne va pas
On crois dur comme fer qu'il n'y a plus que ça
Que tout le reste c'était juste de l'apparat
Que c'est la fin. Casse-toi, quel bon débarras !
 
Quand elle et moi ça devient la folie
On se diligente nos mélancolies
Bien timbrées avec accusation
De la douloureuse signature à la réception.
 
Quand pour toi, ou toi, ou toi, ça ne va pas
Comme nous, mise plutôt sur un bon matelas
Où en l'état on se débat sans dégât
Où on s'abat en ébats et pas en débats.
 
Car elle et moi, tu vois, on est comme ça.
On n'y peut rien, on est pris et épris, c'est ça le prix.
Voilà.

samedi 27 novembre 2021

Boule de papier - 27-11-2021

Dans la platitude de mon existence s'écrivait ma vie, quand soudain surgirent pliures, déformations, recroquevillements... La main d'une obscure créature me fit passer de deux à trois dimensions ; l'espace en plus, la simplicité en moins, dorénavant, je contemple le bitume dans sa richesse et sa complexité. Puis je roule au gré du vent. De temps en temps un coup de pied m'envoie valdinguer au loin. Autre drôle de manière de voir du pays ! Quand je me sens vraiment trop chiffonné, je me dis que ce pourrait être pire, que trop à plat, je pourrais redevenir aplati. Faut pas que ça me piétine ! J'en croise des comme moi, des engeances de toutes nations, sans dessein, comme arrachées à leur cahier. Aucune n'a d'explication à l'explication. On se dit que c'est comme ça, que de c'est déjà plié, en quatre, on s'échine pour en rire. Parfois, j'essaie de suivre le fil de cette histoire mal abrégée. Délaissée, oubliée, elle aurait pu finir au poil si la flamme y avait été, mais l'e dans l'a l'a emporté. Restent ces quelques phrases sur ma peau fripée. Me sont-elles vraiment destinées ? Certaines semblent dire quelque chose, d'autres se faire écho, mais de quoi ? De ces bribes, je retisse des bouts de fil que j'abandonne. Heureusement, il y a le réel et son boniment. C'est ça qui compte ; ça nous divertit et ça fait vibrer la fibre qui nous compose bonne pâte. Avec ou sans chute, à chacun son choix.

dimanche 14 novembre 2021

Le dimanche, c'est ravioli - 14 11 2021

 


Je me contre-balance de la réalité. Quand elle ne me plaît pas, je la chiffonne et puis j'en griffonne une autre. Pas forcément mieux, mais différente. C'est comme ça que je me suis retrouvé dans celle là. Bon faut dire que j'avais fini par cramer la ramette à force de m'amuser à jeter des boules de papier. Et là c'est la dernière feuille ... Ma dernière feuille ? Ben non … On est dans une société de consommation où il n'y a pas de fin. A la place on a des super-marchés et des ordinateurs. Ouf, sauvé ! C'est beau la vie ! Moderne et vivifiante comme une bouffée de gazole mal catalysé. Un trop plein de je ne sais quoi, je plie la feuille en huit, en fait un chapeau, monte sur la table et entame un kazatchok en pyjama et endiablé. La raffut fait hurler les voisins, le chien et surtout ma femme encore très embrumée car tout juste rentrée d'une nuit chez son amant. Mais, comme moi, elle a l'esprit fantaisiste. Elle fait fi de sa fatigue et d'un bon me rejoint pour, comme moi, se lancer dans la branle, genoux pliés. Ainsi tout deux sur cette planche, complices éclairés par la lune, nous piétinons le cours de nos vies, bras croisés, yeux dans les yeux, chien content et voisins aboyant. Et si l'amour, c'était aimer ?

Concentration - 7 novembre, 14:46

 

Concentration.
J'ai attrapé cet instant
Cet instant magique
Et d'un souffle, un élan
Poing fermé, mis fin au tragique.
 
Voilà reprends, reprends toi !
Quand tu te dis c'est pas possible,
Voilà voilà, reprends toi !
C'est là que tout redevient possible.
 
Ce joli moment unique
Je le tiens dans ma main.
Il m'amuse, il s'agite
Entre ligne de vie et destin
Voilà, reprends, reprends toi !
Quand tu te dis que c'est pas possible
 
Voilà reprends, reprends toi !
C'est là que tout redevient possible
Petite luciole sympathique
Tu me rappelles ce que je sais déjà
Que vivre est magnifique
 
Même quand toi tu n'es pas là
Voilà, surtout, ne crois, ne crois pas !
Quand tu te dis que c'est pas possible
Voilà, surtout, ne crois ne crois pas !
Qu'au fond rien n'est impossible
 
Encore un peu de ton mantra,
Je reverrai demain grâce à toi
Dans l'écho d'un passé fini,
L'onde d'une joie infinie
 
J'ai attrapé cet instant
Qui te dit que tout ça, c'est pas possible
Qui te dit voilà reprends toi
Et tout redevient possible.