dimanche 14 novembre 2021

Le dimanche, c'est ravioli - 14 11 2021

 


Je me contre-balance de la réalité. Quand elle ne me plaît pas, je la chiffonne et puis j'en griffonne une autre. Pas forcément mieux, mais différente. C'est comme ça que je me suis retrouvé dans celle là. Bon faut dire que j'avais fini par cramer la ramette à force de m'amuser à jeter des boules de papier. Et là c'est la dernière feuille ... Ma dernière feuille ? Ben non … On est dans une société de consommation où il n'y a pas de fin. A la place on a des super-marchés et des ordinateurs. Ouf, sauvé ! C'est beau la vie ! Moderne et vivifiante comme une bouffée de gazole mal catalysé. Un trop plein de je ne sais quoi, je plie la feuille en huit, en fait un chapeau, monte sur la table et entame un kazatchok en pyjama et endiablé. La raffut fait hurler les voisins, le chien et surtout ma femme encore très embrumée car tout juste rentrée d'une nuit chez son amant. Mais, comme moi, elle a l'esprit fantaisiste. Elle fait fi de sa fatigue et d'un bon me rejoint pour, comme moi, se lancer dans la branle, genoux pliés. Ainsi tout deux sur cette planche, complices éclairés par la lune, nous piétinons le cours de nos vies, bras croisés, yeux dans les yeux, chien content et voisins aboyant. Et si l'amour, c'était aimer ?

Concentration - 7 novembre, 14:46

 

Concentration.
J'ai attrapé cet instant
Cet instant magique
Et d'un souffle, un élan
Poing fermé, mis fin au tragique.
 
Voilà reprends, reprends toi !
Quand tu te dis c'est pas possible,
Voilà voilà, reprends toi !
C'est là que tout redevient possible.
 
Ce joli moment unique
Je le tiens dans ma main.
Il m'amuse, il s'agite
Entre ligne de vie et destin
Voilà, reprends, reprends toi !
Quand tu te dis que c'est pas possible
 
Voilà reprends, reprends toi !
C'est là que tout redevient possible
Petite luciole sympathique
Tu me rappelles ce que je sais déjà
Que vivre est magnifique
 
Même quand toi tu n'es pas là
Voilà, surtout, ne crois, ne crois pas !
Quand tu te dis que c'est pas possible
Voilà, surtout, ne crois ne crois pas !
Qu'au fond rien n'est impossible
 
Encore un peu de ton mantra,
Je reverrai demain grâce à toi
Dans l'écho d'un passé fini,
L'onde d'une joie infinie
 
J'ai attrapé cet instant
Qui te dit que tout ça, c'est pas possible
Qui te dit voilà reprends toi
Et tout redevient possible.

mardi 9 mars 2021

Un bolduc sinon rien

 

Un bolduc sinon rien.
A chaque fois que je croise quelqu'un, il se sent obligé de me cracher à la face mes pensées les plus intimes et même celles dont j'ignore tout. OK, j'ai pas de secret. Tout le monde devine ce que je pense ou ressens ; c'est la règle. Enfin tous … Sauf moi ! La soluce de contournement : je m'en cogne. Aïe ! Je renonce à moi-même : fini la décision égocentrée, fini le désir perso. Comme un glaçon en plein réchauffement climatique, mais sans polaire, je me fonds dans l'idée qu'on a de moi. J'hiberne de force dans le cerveau des autres. C'est une caverne prison ; c'est ma prison. Sauf que. Sauf que cet engrillagement finit par les obséder ... les autres. Ils ont beau décider ou désirer pour moi, mais moi je ne décide ni ne désire rien ; c'est dans le contrat. De plus en plus nombreux, ils vont même jusqu’à se battre, au passage se disant soit disant inquiets pour moi. Mais je ne dis rien car je ne sais rien, et surtout pas comment les arrêter. Un jour, j'ai croisé quelqu'un comme moi ; enfin dans la limite de ce que je crois. Ses paroles sibyllines m'attirèrent : ni conseil, ni avis, rien sur ce que je dois dire, être ou faire. Inquiétante étrangeté ; ça n'avait pas de sens. C'était réciproque. A l'évidence, l’abscons, pige pas. Un ciment de vide infrangible nous a joints. Désormais ceux qui nous croisent ne savent plus auquel des deux s'adresser en premier ; ça les fuliginisent, ça les paralyse. Pris de panique les plus chanceux arrivent à fuir avant de sombrer. Insouciants, nous trouvons ça très drôle et avons décidé, sans trop savoir pourquoi, de rester pour toujours, unis. Ainsi, le cœur léger, nous nous plaisons à déambuler au milieu d'une foule tourmentées par des visions terribles, asphyxiée par un savoir devenu inutile, étranglée par l'hésitation, étouffée par l'angoisse … C'est peut-être ça le bonheur : l'aube d'un devenir, d'une découverte. Un jour l'un de nous deux disparaîtra laissant l'autre seul et tout recommencera.
 
Vingt sept février deux mille vingt et un - Zéro heure quatre.

samedi 24 octobre 2020

Asperge mais pas trop.

 Je cherche un crayon mais toutes les mines sont cassées. “Des mots enlevés s'élèvent devant l'envolée volée au poète” Tire pas la tronche ! ça va bien se passer ! Je résiste. La vie n’est pas un pet d’aristocrate mais un pet d’aristocrate, c'est la vie ! enfin si on peut dire ... Cette tiédeur, c’est notre cuisson à feu lent ; regarde, lui aussi s’ébroue avec nous dans le fameux bouillon d’éléments de langage. Touffeur et remugles. et oui, ça pue ! Pas de wind of change dit l’âne, ah non ça c’est scorpion, mais faut savoir faire des blagues (bien) pourries pour être dans le mood. Suis up to date dans ma caboche. Et c’te tempête ! Un pur carnaval de chiffres ; ici, qui sera le plus sonore, là, qui aura l’organe le plus élastique ; prostate, verge, clitoris, vulve. Une petite opération des calculs disrupto-inclusifs ? Vestiges l’un de l’autre, de l’un et dans l’autre. Au fond, on ne désire que s’assembler. Se quitter ? mais pourquoi ? Déjà, on ne voit rien venir puisque tout se passe dans notre dos. Alors sniff quoi ! ! A côté de la porte, cloué au mur, un troisième œil ensanglanté agonise constellé de fléchettes. Tu l’as eu dans le mille, mais c’était pas vraiment ça le game. Il reste toujours la petite lucarne et le joueur de foot sur ta console. ça cache ta tristesse. Un masque sur une jambe de bois, dirait-on cyniquement en mode "twenty-twenty". Pas très love me tender la chienne d'époque. Le cynisme a bonne presse. Pis-aller sans espoir, pourtant tout passe avec l’espoir. Le souvenir d’avoir été sage.

samedi 27 juin 2020

Garbine

Garbine.

J’étais un caillou sur ton chemin, un de ceux sur lequel le regard bute.
Tu t’es penchée vers moi, mue par cette intime joie d’avoir trouvé une pépite.
Ramassé, dans le creux de ta main, un morceau d’enfance.

Parfois ton regard s’arrête sur un caillou ;
Quoi  de plus anodin qu’un petit caillou ?
Surtout si celui-ci vient te chanter l’histoire d’un trésor caché quelque part entre quotidiens préoccupés et agitations à fleur d’inconscience.
Dans mes ricochets, tu te projettes, mais je disparais au centre de l’onde irrégulière. Embosse et Encreux se rapprochent, fusionnent. Homme, Femme. Extinction.
Tu ouvres ta main et je refais surface. Ma magie fonctionne encore ...
J’aurais pu être une petite enclave dans un mur ou mieux respirer dans la roche !
Appartenir à une race très ancienne, celle d’avant la préhistoire. Avoir été foulé par des créatures inconnues, inimaginables sans y passer plusieurs éternités.
Avoir roulé dans les torrents, tonné au cœur des montagnes ou nourri les plaines ...
Personne ne connaît ma véritable histoire, elle ne l’a jamais été et ne le sera jamais, même dans l’oubli.

Un autre alphabet du ciel et de la terre.

Tu me penses bloc de matière, je te pense bloc de temps. Tous deux vivants à l’intérieur de l’extérieur de l’autre et inertes à l’extérieur de l’intérieur. Mais parfois une vibration ! Alors on se jette mutuellement ; c’est notre jeu.
Je nais de l’effritement de tes pensées, les mots-lave de nos bouches-volcans fusionnent, coagulent.
Il est évident qu’une femme habite au centre du soleil.


Vingt Sept juin deux mille vingt - Vingt deux heures vingt deux.

dimanche 26 avril 2020

Orientale

Voilà ce que c'est que d'écouter un peu de musique:

L'esprit léger, je m'évapore dans ton souffle
Moi qui me croyais le cœur dur comme la glace
Sur tes iris sombres mille feux de soleil dansent,
Brûlent mon sommeil et rudoient follement mes sens.

J'étais si bien, au calme dans mon cocon frais
Mais ta voix sucrée est venue tout déchirer,
Bousculer et renverser mes sombres pensées.
Je ne désire plus que te voir chanter et danser.

Aux inflexions de ta voix, suivent celles de mon corps
Fleurissent violons, sagatts, riqs et zurnas.
Ivre de mélodie, dans un ultime effort
Je me livre à toi et respire une dernière fois.

Fuyant ce cycle infernal, bougre ensorcelé,
J'avais fait un pacte avec la nuit étoilée.
Je n'arrive plus à croire que tu n'es qu'un rêve
Une bifurcation sauvage, un élan de sève.

Vingt six avril, deux heures six.

lundi 20 avril 2020

Dharma et Kha momie.

Dharma et Kha momie.
La peau roussie par le soleil et la sangria, je m'affale dans un transat. Une taffe ; l'inspiration sans respiration. Le temps revient vers moi, mais je l'esquive. Tous les êtres me fatiguent. L'autre n'y échappe pas. Il n'a pas le choix. On m'apporte un bidon dans lequel je souffle, mais je ne vois rien apparaître alors je me dis qu'avoir raté le début, c'est avoir déjà fini. De tout cela je ne retiens rien si ce n'est la beauté d'une journée pour laquelle je n'avais pas envisagé l'étrange. Je me décalque et de moi, une copie carbonisée se détache. Rissolent les lambeaux d'une vie à laquelle j'avais cru pouvoir coller jusqu'à la fin ! Je suis, oui, je suis, on ne peut plus d'équerre. Et ! Et j'observe, oblique, la desquamation d'une époque, tout en maugréant sur cette piquette qu'on m'a, jusque là, servie. Il n'y aura pas d'automne pour les feuilles. A la brisure des nervures, j'extrais des limbes la sève jusqu'à la lie. Enfant, je me réjouissais du secret sucré des primevères cueillies sur le bord des chemins donnant tout son goût au printemps encore frais et humide. Le tumulte revient, une main me saisit et me traîne jusqu'au seuil du présent. De mon poing levé le sable s'écoule et retrouve la plage.


Lundi vingt avril deux mille vingt - vint trois heures trente neuf